Cela fait maintenant vingt ans que je suis à l’ESAT, et ça me fait vraiment plaisir d’y travailler. Au fil du temps, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai progressé dans mes compétences, j’ai passé une RAE l’année dernière et j’ai fait plusieurs stages. Je sens aussi que mon comportement a changé depuis mon arrivée.
Au début, j’étais au foyer, et c’est là que j’ai rencontré ma femme. Aujourd’hui, nous habitons à L’Aigle. Je suis devenu père de famille, j’ai trois enfants et je suis marié. Quand je suis arrivé, j’étais un petit nouveau. Maintenant, je suis un papa, un mari, un homme.
À l’ESAT, je suis polyvalent. On fait du tri de flacons et, en ce moment, on travaille surtout sur du câblage. J’aime ce que je fais, ça me rend fier. Actuellement, je travaille sur des coffrets électriques qui servent à ouvrir des portes automatiques. Cela fait environ trois ans que nous avons commencé cette activité.
On monte différents types de boîtiers, mais le principe reste le même. On part d’une plaque nue, on trace, on utilise des outils spécialisés. On pose des rivets, on installe des rails, puis on ajoute les composants. Ensuite, on câble les fils en suivant un plan. Le coffret part de rien et on le construit entièrement, de A à Z.
Ces dernières années, grâce à l’ESAT, j’ai aussi fait plusieurs prestations extérieures : dans un laboratoire pharmaceutique, mais aussi dans le recyclage et le conditionnement. J’ai participé à plusieurs Duodays, notamment chez Point P, où j’ai travaillé comme magasinier.
Aujourd’hui, je suis fier de mon parcours et heureux de recevoir cette médaille du travail d’argent !
Christopher, travailleur de l’ESAT Frémondière et médaillé du travail Argent
Depuis 1990, Sylvie, agente de cuisine accompagne des personnes en situation de handicap à « l’apprentissage des bonnes de règles de vie et le respect de l’hygiène et des horaires
» au sein du service de restauration de l’IME La Passerelle. « Je suis rentrée à l’IME grâce à une ancienne collègue. Je ne l’ai jamais quitté
, confie-t-elle, et j’ai côtoyé des centaines de jeunes. »
« Je vois que les années passent vite, sourit la quinquagénaire. Dans ma cuisine, j’ai côtoyé des centaines de jeunes. Certains ont très bien réussi professionnellement.
«
En trente-cinq ans, elle a vu des évolutions, notamment dans le profil des jeunes accueillis dans un IME. « Au début, on avait des enfants avec des handicaps bien identifiés. Ces dernières années, j’observe davantage de jeunes souffrants de pathologies lourdes liées à l’angoisse en particulier. J’ai vécu des situations difficiles mais j’ai partagé aussi de bons moments. Je garde des souvenirs à vie.
«
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Sylvie, médaillée du travail Or, interrogée par Ouest-France – Ornéode
Près de 37 ans après avoir franchi pour la première fois les portes d’Ornéode, Emmanuel célèbre aujourd’hui une étape majeure de son parcours professionnel : l’obtention de la médaille d’or du travail, sa troisième distinction après l’argent et le vermeil. Une reconnaissance qui couronne un engagement sans faille et une profonde fierté en relisant ces années de travail.
Arrivé jeune adulte, Emmanuel a construit au fil des années un parcours solide, marqué par plusieurs expériences au sein des « ateliers protégés », puis par son intégration à la cuisine centrale, où sont préparés chaque jour près de 1 200 repas destinés aux établissements d’Ornéode. Son histoire est aussi celle d’une belle détermination tranquille, d’un attachement fort à son travail et d’un cheminement personnel jalonné de rencontres décisives.
À l’occasion de cette nouvelle distinction, Emmanuel revient sur son parcours, ses souvenirs et ce que représente pour lui cette médaille d’or.
Emmanuel, pouvez-vous vous présenter ?
« Je m’appelle Emmanuel, j’ai 56 ans et j’habite au Mêle-sur-Sarthe, dans notre maison familiale. Je suis le troisième d’une fratrie de quatre garçons. Je viens de recevoir ma troisième médaille du travail pour mes 35 années au sein de l’ADAPEI. »
(suite…) Rencontre avec Emmanuel, médaillé Or du travail, et ouvrier de la cuisine centrale d’Adap’Entreprise 61