La communication est essentielle pour interagir, exprimer ses émotions, poser des questions ou simplement partager. Pourtant, certaines personnes, en raison de handicaps, de maladies ou de perte d’autonomie, rencontrent des obstacles majeurs à la communication. Face à ces défis, Ornéode encourage l’usage de la CAA (communication alternative et améliorée). Ces outils permettent aux familles, aidants et professionnels de soutenir les personnes concernées dans leur expression, en face à face comme à distance.

La CAA (communication alternative et améliorée) : qu’est-ce que c’est ?
La CAA regroupe des stratégies et des outils destinés à compenser ou remplacer la parole. Le terme « alternative » désigne les moyens de communication pour ceux qui ne parlent pas du tout. Le mot « améliorée » concerne les personnes dont la parole est difficilement compréhensible. La CAA permet ainsi de rendre les échanges plus clairs et accessibles. Elle favorise l’apprentissage, réduit les frustrations et offre à chacun la possibilité de communiquer, sans attendre l’apparition du langage oral.
Une démarche inclusive et évolutive
La CAA soutient à la fois l’expression et la compréhension. Elle peut être introduite dès le plus jeune âge et s’adapte à tous les types de troubles de la communication. Contrairement à certaines idées reçues, elle ne freine pas le développement du langage oral, mais le stimule. Elle contribue aussi à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul. Son importance est reconnue au niveau international, notamment dans la Convention des droits des personnes en situation de handicap de l’ONU.
À qui s’adresse la CAA ?
La CAA concerne toute personne dont le handicap affecte la parole ou le langage. Cela inclut les troubles du spectre de l’autisme, les déficiences intellectuelles, les paralysies cérébrales, les lésions cérébrales, l’aphasie, les maladies neurologiques comme la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson, et le polyhandicap. Elle s’adresse aussi à ceux qui ont temporairement perdu la parole. En somme, la CAA est utile à toute personne ayant des besoins spécifiques de communication, quel que soit son âge ou son parcours.
Des moyens mais aussi des outils qui se développent progressivement
La CAA repose sur des moyens d’expression corporels comme les gestes, les expressions faciales, le regard ou la langue des signes. Elle utilise aussi des outils techniques : tableaux de symboles, cartes, classeurs de communication, boutons enregistreurs, boîtiers parlants, claviers, synthèse vocale, applications mobiles, contacteurs et commandes oculaires. Ces dispositifs s’adaptent aux capacités de chacun. Une CAA efficace combine souvent plusieurs techniques, selon les préférences et les besoins de la personne accompagnée.
Choisir le bon outil de communication
Le choix d’un outil de CAA dépend des capacités et des objectifs de la personne. Il peut servir à s’exprimer, apprendre, interagir, partager, participer, nouer des liens, rompre l’isolement ou comprendre son environnement. Ces outils sont conçus pour répondre aux difficultés liées à la parole et au langage. Ils permettent à chacun de s’ouvrir au monde. L’accompagnement dans ce choix est essentiel pour garantir une utilisation adaptée et bénéfique au quotidien.
L’engagement d’Ornéode en faveur de la CAA
La CAA regroupe des outils et des stratégies variés pour communiquer autrement que par la parole. Les familles, les professionnels et les proches peuvent jouer un rôle actif en identifiant les bons outils et en les intégrant dans la vie quotidienne. Grâce aux avancées technologiques et à l’accès facilité à l’information, la CAA devient une ressource précieuse pour accompagner les progrès des personnes en situation de handicap et leur permettre de participer pleinement à la vie sociale. La CAA est une solution concrète pour permettre aux personnes en situation de handicap de communiquer par tous les moyens disponibles. Elle répond aux besoins variés de communication, qu’ils soient temporaires ou permanents. En offrant des alternatives à la parole, elle favorise l’autonomie, la dignité et l’inclusion.
La Conférence nationale du handicap (CNH) et les comités interministériels du handicap ont fait de la CAA une priorité gouvernementale
L’instruction du 23 juin 2025 réaffirme que la communication est un droit fondamental pour toute personne, quel que soit son âge, son handicap ou son autonomie. La CAA, ou communication alternative et améliorée, est au cœur de cette ambition. Elle vise à garantir à chacun la possibilité de comprendre et de s’exprimer, en s’appuyant sur une diversité de moyens : gestes, pictogrammes, synthèses vocales, etc. La CAA ne se limite pas à un outil, mais constitue une démarche globale, continue et adaptée à chaque individu. Elle doit être disponible en permanence, dans tous les lieux de vie, et intégrée dans les pratiques quotidiennes des établissements médico-sociaux.
Une stratégie nationale ambitieuse
La Conférence nationale du handicap (CNH) et les comités interministériels du handicap ont fait de la CAA une priorité gouvernementale. Cette orientation s’inscrit dans les stratégies nationales de lutte contre les maltraitances et pour les troubles du neurodéveloppement. L’objectif est de déployer massivement la CAA dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS), mais aussi dans les territoires, en appui aux acteurs de droit commun. La CAA est ainsi reconnue comme un levier essentiel pour la participation sociale et la prévention des violences. Elle doit devenir une composante ordinaire de l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
Création de missions départementales
Pour structurer ce déploiement, chaque département devra mettre en place une mission d’expertise et d’information sur la CAA. Ces missions auront deux fonctions principales : animer un réseau territorial autour de la CAA et accompagner les personnes, familles et professionnels dans la mise en œuvre des démarches. Un appel à candidatures permettra de désigner un acteur référent par département. Même si une structure unique peut porter la mission, une dynamique collective et partenariale est encouragée. En l’absence de candidat local, une mission de diagnostic et de sensibilisation pourra être confiée à un acteur régional ou interdépartemental.
Moyens financiers et accompagnement
Pour soutenir ces missions, une enveloppe budgétaire de 9 millions d’euros est prévue sur deux ans (2,5 M€ en 2024 et 6,5 M€ en 2025). Le coût indicatif d’une mission départementale est estimé à 250 000 €, incluant les équivalents temps plein nécessaires. En complément, le fonds d’appui à la transformation de l’offre médico-sociale pourra financer l’acquisition de matériels adaptés, comme des kits de démarrage en CAA. Une instruction spécifique de la CNSA précisera les modalités de dotation en équipements techniques. L’objectif est de faciliter l’appropriation des outils de CAA par les ESMS et de soutenir la formation des professionnels.
Intégration dans les pratiques des ESMS
Les établissements médico-sociaux devront intégrer la CAA dans leurs projets d’établissement, contrats de séjour, livrets d’accueil et règlements de fonctionnement. La communication doit être évaluée systématiquement et les moyens pour y répondre doivent être mis en œuvre. Les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) pourront servir de levier pour impulser cette dynamique. Les missions départementales sur la CAA joueront un rôle clé dans l’accompagnement des ESMS, en apportant leur expertise et en soutenant la montée en compétences des équipes. La CAA devient ainsi un pilier de la transformation de l’offre médico-sociale.
Un modèle fondé sur la participation
La CAA repose sur le modèle de participation, qui considère que toute personne a un potentiel de communication. Contrairement au modèle de candidature, qui sélectionne les bénéficiaires selon des prérequis, le modèle de participation part du principe que chacun est un candidat à la communication. L’évaluation des besoins en CAA doit donc identifier les leviers de réussite, même minimes, et s’adapter tout au long de la vie. Cette approche inclusive permet de construire des parcours de communication personnalisés, évolutifs et respectueux des choix de la personne. La CAA devient ainsi un vecteur d’émancipation.
Multimodalité et environnement favorable
La CAA doit être multimodale : elle combine gestes, pictogrammes, écrits, supports auditifs, assistance humaine et technologies. Cette diversité permet de s’adapter aux contextes, interlocuteurs et états de la personne. Les outils de CAA doivent être cohérents, robustes et toujours disponibles. La réussite de la démarche repose aussi sur l’environnement social : les partenaires de communication (famille, professionnels, enseignants) doivent être formés et impliqués. Ils constituent un cercle de communication qui soutient la personne au quotidien. La CAA ne peut exister sans interlocuteurs compétents et engagés dans une stratégie d’implémentation partagée.
Suivi, évaluation et pilotage
Un comité national de suivi, piloté par le SG-CIH, se réunira chaque trimestre pour accompagner le déploiement de la CAA. Il rassemblera administrations, experts, associations, utilisateurs et représentants des missions départementales. Des webinaires thématiques seront proposés pour soutenir les porteurs de mission. Par ailleurs, des indicateurs seront mis à disposition pour évaluer l’action des missions départementales. Ces données, collectées par les ARS à partir d’une trame nationale, permettront un suivi annuel du déploiement. La CAA devient ainsi un objet de pilotage stratégique, inscrit dans une dynamique d’amélioration continue et de transformation des pratiques.