Le 7 novembre prochain, le Planet’ciné d’Alençon accueillera la première projection régionale du film Léandre l’été, déjà récompensé au Festival Côté court de Paris. Ce court-métrage met en lumière le parcours intime de Léandre, 20 ans, travailleur en ESAT à Alençon, qui rêve de devenir père avec Juliette, sa compagne depuis quelques mois. L’été devient pour lui un moment de questionnement sur sa capacité à assumer ce rôle et sur sa propre identité.
À cette occasion, nous avons posé trois questions à Noë Perrin, psychologue, co-auteur du film et frère de Léandre.


Comment est né l’idée du court-métrage Léandre l’été ?
Noé Perrin : « Lucas Minier est un ami très proche de notre famille depuis longtemps. Il connaissait bien mon frère Léandre. Avec Lucas, nous avions envie de faire un film ensemble, et Léandre lui a spontanément demandé de le filmer. Lucas a pris cette demande au sérieux, et c’est ainsi que le projet a vu le jour. »

Quelles problématiques y abordez-vous ?
Noé Perrin : « C’est une fiction, mais elle soulève des questions bien réelles. Peut-on envisager la parentalité quand on est en situation de handicap ? Ce sujet reste tabou dans notre société, et nous avons voulu le poser sans forcément y répondre. Le film aborde aussi le thème du travail, avec Léandre qui apparaît dans son environnement professionnel à l’ESAT Bellevue. On y voit des scènes tournées à l’atelier, mais aussi des moments de vie comme la fête de fin d’année. Plusieurs travailleurs ESAT y jouent, même en dehors de l’établissement. C’était important pour nous de les valoriser dans leur quotidien et de montrer leur richesse humaine. »
Quand et où a eu lieu le tournage de » Léandre l’été » ?
Noé Perrin : « Le tournage a eu lieu durant l’été 2022. Le scénario a été écrit deux mois avant, puis tout s’est enchaîné rapidement. En deux semaines très intenses, nous avons tourné avec une petite équipe de quatre personnes : Lucas, moi, une personne pour le son, une autre pour l’image. Des amis sont venus nous prêter main-forte. Tout a été filmé à Alençon et dans ses environs, car nous tenions à mettre en valeur notre territoire. La projection du 7 novembre nous tient particulièrement à cœur : nous avons hâte de découvrir les réactions des travailleurs ESAT qui seront présents dans la salle. »



Lucas Minier est réalisateur et vient de terminer l’école La FEMIS et Noë Perrin est psychologue. « Léandre l’été » est un film à la fois tendre et engagé, qui interroge sans juger, et donne une voix à ceux qu’on entend trop peu. Léandre l’été promet une soirée riche en émotions et en réflexions.
Le court-métrage a été récompensé lors du festival « Coté court » à Paris et sera diffusé début novembre au festival « Que du Feu » se tiendra du 1er au 8 novembre 2025 à Lyon.
Une projection du court-métrage Léandre l’été a eu lieu le 7 novembre au Planetciné d’Alençon
La séance s’est déroulée à guichet fermé, en présence de nombreux travailleurs et personnels de l’ESAT Bellevue d’Alençon où exerce Léandre, ainsi que de ses proches et amis.
Avant la projection, Léandre a pris la parole pour présenter la soirée et remercier le public, dans un discours empreint de simplicité et d’émotion.
Le film a ensuite suscité de nombreux échanges lors du cocktail qui a suivi, permettant à chacun de partager ses impressions et de revenir sur ce beau moment de cinéma et de convivialité.
« Léandre, l’été » est un court métrage délicat et lucide, qui pose les bonnes questions sans jamais juger.
A travers le regard de Léandre, qui s’interroge sur son envie — ou sa capacité — à devenir père, le film fait résonner la parole de ceux qu’on oublie trop souvent.
Cette soirée a mis en lumière le talent et la sensibilité de Léandre, tout en soulignant la force du lien collectif autour d’un projet artistique porteur d’émotion et de sens.



